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Obstacles spirituels : les inadéquacités

 
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Maori
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PostPosted: Fri 13 May - 11:57 (2011)    Post subject: Obstacles spirituels : les inadéquacités Reply with quote



.............extrait de  : 

Obstacles spirituels : les inadéquacités

http://www.elishean.org/?p=6920


Le culte des images, des symboles, des clichés mentaux de toutes espèces entre dans le cadre des processus d’imitation.



Dans la mesure de leur ferveur; les mystiques chrétiens qui méditent sur l’image de la Vierge, aboutissent à une auto-hypnose au cours de laquelle ils contempleront, non la Vierge, mais la matérialisation de leur propre projection mentale. De même, en est-il pour les Bouddhistes qui se concentrent avec ferveur sur telle ou telle image du Bouddha.


Toute fixation de la pensée sur une image, sur un symbole, sur une idée quelconque aboutit à des phénomènes dont il n’y a pas lieu de se réjouir, contrairement à ce que font de nombreux chercheurs dont la sincérité n’est pas mise en doute.



L’étude de la vie intérieure de certains Sages nous montre les luttes qu’ils ont endurées contre les images cultivées antérieurement. Le rôle des « japas » très courant aux Indes et préconisé par de nombreux auteurs tant hindous qu’occidentaux peut être aussi négatif.


Le fait de prononcer indéfiniment certaines syllabes identiques, choisies par le maître, et souvent différentes pour chaque disciple, aboutit à une sorte de torpeur magnétique voisine de l’auto-hypnose. Ce processus calme le système nerveux mais il s’agit là d’authentiques intoxications mentales aboutissant à des extases mineures n’ayant aucun rapport avec la vraie spiritualité. Elles peuvent être parfois plus nocives sur le plan de l’esprit que l’alcool, les drogues et les stupéfiants sur le plan physique.



Les processus d’imitation comprennent non seulement l’adhésion aux images ou aux idées que nous suggère autrui. Ils englobent la totalité des habitudes mémorielles du passé, et par conséquent nos propres accumulations mentales

.

Nous pourrions signaler à titre d’exemple, l’attitude intérieure du lecteur enthousiasmé par la notion d’un « Mental Cosmique » ou par celle de l’unité d’essence universelle. Cet enthousiasme l’inciterait automatiquement à l’expérience effective de la réalité dont il pressent intuitivement la grandeur et l’authenticité. Mais supposons qu’un tel homme se propose d’aller dans la nature pour tenter d’approfondir dans un cadre plus adéquat ce qu’il aurait aperçu dans un éclair. Il est infiniment probable qu’il ressente à nouveau ou qu’il perçoive tout ce qui s’offre à ses regards comme étant baigné dans le « Mental Cosmique ».



Il se peut qu’il pense à la présence du « Mental Cosmique » dans la terre des sentiers qu’il parcourt, dans l’air qu’il respire, qu’il l’entende à travers et au delà du chant des oiseaux, du bruissement du vent dans les arbres. S’il persiste dans une telle attitude il constatera qu’elle aboutit tôt ou tard à une impasse.

Aussi longtemps que demeurera en lui l’idée du « Mental Cosmique » et l’automatisme mémoriel intervenant à tout instant entre lui et les circonstances en nommant toutes choses «Mental Cosmique », il ne pourra parvenir effectivement à l’expérience même du Réel.

La représentation mentale du Réel qu’il a inconsciemment élaborée en son esprit s’interposera perpétuellement entre lui et la Réalité (2).

L’expérience ne revêtira toute son authenticité qu’à partir de l’instant où : 1° il sera délivré de l’automatisme mémoriel « nommant » ses états ; 2° et lorsque toute attente de quoi que ce soit délivrera son esprit des tensions qui s’opposent à sa parfaite plasticité.



L’observation silencieuse, la lucidité sans idée, l’attention sans « mots pensés », la vigilance dans l’instant constituent les éléments fondamentaux de la « Vue Juste ».


Par leur dénonciation du rôle nocif des « forces d’habitude », des processus d’imagination grossiers ou subtils, les formes supérieures du Bouddhisme et le Zen permettent à la nature humaine d’épanouir ses plus hautes possibilités créatrices.



4°) Les méditations « compartimentées » :



Par « méditations compartimentées » nous entendons les exercices de méditation à heures fixes, auxquels s’appliquent de nombreux religieux, certaines périodes de la journée. Ce processus tend à l’établissement d’une scission entre la vie « ordinaire » et la vie dite « spirituelle ».



La plénitude de la vie est là, d’instant en instant, et nous devons la saisir au cœur de la seconde qui passe par une vigilante attention
(4).


Le processus de la méditation « compartimentée » aboutit à de graves déviations ayant l’inconvénient de surestimer nos possibilités réelles
(5).


En effet, si nous nous entraînons à la contemplation, il se peut que certaines expériences cultivées nous procurent diverses joies intérieures.



Nous donnons souvent libre cours à des projections de notre inconscient. Nous sombrons ainsi progressivement dans un processus d’évasion et d’auto-hypnose agissant comme un véritable narcotique spirituel.



Des maîtres Ch’an/Zen insistent beaucoup sur le
caractère constant de la méditation.

Hsi-Yun nous conseille de la façon suivante :


« Chaque jour, en marchant, debout, assis ou couché, dans chacune de vos paroles, soyez détaché des objets du monde phénoménal. En parlant ou simplement en clignant de la paupière, que chacun de vos actes soit accompli sans attachement (6). »


Un autre maître Ch’an, Shen-Hui reprochait à son disciple Teng, le caractère artificiel des méditations « arrangées ».

« Teng : – Il est nécessaire tout d’abord de pratiquer la méditation en restant assis calmement les jambes croisées…
« Shen-hui : – Quand on est engagé dans la méditation, n’est-ce pas là un exercice spécialement arrangé ?

« Teng : – Certes…
« Shen-hui : – Dans ce cas, cet arrangement particulier est un acte de la conscience limitée ; comment peut-elle mener là la vision de sa propre nature ?

… Cette manière de s’exercer dans la méditation relève en fin de compte d’une recherche mal conduite de la vérité ; tant qu’il en est ainsi de tels exercices ne sauraient aboutir à la vraie méditation (7). »

Et Houeï-nêng disait :
« C’est une faute de penser que le fait d’être assis, tranquillement plongé dans la méditation, soit indispensable à la délivrance. »


Il est important de retenir que l’on ne « s’entraîne » pas au « Satori ».



Les travaux d’entraînement peuvent être efficaces dans des domaines matériels ou techniques. On « s’entraîne » à la boxe, au football, à l’escrime ou au tennis… Il est encore possible de « s’entraîner » en vue d’une présentation d’examen de mathématique ou d’histoire. Dans ces domaines, une préparation, une accumulation est nécessaire

.

Mais, ainsi que le suggérait Platon, chaque travail demande des outils adéquats. Pour des besognes grossières et lourdes des outils grossiers et lourds seront requis. Un travail délicat, minutieux, léger demandera par contre des outils délicats et raffinés. L’attitude d’un entraînement spirituel comporte précisément quelque chose de « grossier et lourd » par contraste à la condition de légèreté, de jaillissement et de liberté du « Satori (8) ».



La plupart des maîtres du Zen insistent sur le caractère soudain du Satori.
Dans la mesure où nous méditons, nous sommes soit consciemment, soit inconsciemment dans une attitude d’attente secrète. En un mot, nous nous préparons à recevoir, mais cette préparation est empreinte d’un caractère subtil d’avidité et de préfiguration. Elle est trop consciente d’elle-même.


Le « Satori » arrive à l’improviste. Il possède un caractère de spontanéité, de jaillissement incompatible avec toute préparation minutieuse. Son foudroiement spirituel ne peut atteindre que l’esprit totalement détendu, libéré de ses attentes, de ses espoirs les plus secrets (9).



L’avantage de la méditation continue, inséparable de la vie elle-même, réside dans la détente intérieure authentique qu’elle apporte à celui qui la pratique. Au début, les résultats paraissent moins spectaculaires mais ils sont plus conformes à la nature des choses. S’ils sont plus lents ils sont plus durables comme le sont les processus de la nature.



Il n’existe aucun instant particulier qui mérite davantage d’attention plutôt qu’un autre. L’éternité est là, dans sa totalité, de moments en moment.


Nous devons donc être présents au Présent, de moment en moment, sans préférence aucune.



5°) Les interprétations erronées du « Vide » :



Ainsi que nous l’avons signalé à diverses reprises la notion du « Vide » prête souvent à confusion. Nombreuses sont les personnes qui l’interprètent à la lettre et tentent de réaliser le « vide mental »
par l’exercice de concentrations intenses. Une telle vacuité est absolument négative et ne contient aucune possibilité révélatrice.



L’activité mentale est naturelle. Elle fait partie des processus de la vie. Il n’est pas question de la supprimer mais de lui assigner un mode de fonctionnement différent, répondant adéquatement à la nature profonde des choses.


Le fonctionnement mental actuel est inadéquat en vertu de ses identifications et de ses attachements. Le « vide » doit être compris dans le sens d’une absence des fausses valeurs résultant de l’attachement et de l’identification. Toute autre interprétation peut conduire à de graves erreurs.
Cette façon de voir se retrouve d’ailleurs confirmée dans les commentaires de la doctrine de Hsi-Yun :


« Accordez-lui juste l’attention superficielle appropriée aux circonstances »… De nombreuses personnes y compris des bouddhistes chinois, on fait
l’erreur de supposer que la pratique de « dhyâna » vise à rendre le mental complètement vide. Cette doctrine a été entièrement réfutée par un moine contemporain, Yeh Ch’i, qui vit actuellement dans le Yunnan ; il mit en évidence le fait qu’un état de vide mental ne peut être maintenu continuellement… Le but de « Dhyâna » est d’éliminer du processus mental tout sentiment d’attraction ou de répulsion suscité par la croyance que les choses sont des entités indépendantes et permanentes en elles-mêmes.

« Le
vide mental permanent conduirait à des absurdités, telles que par exemple, le fait d’être nourri par une tierce personne, et très probablement se terminerait par la folie. »

« Suivant les bouddhistes de la secte « Dhyâna », il est cependant possible de réagir aux circonstances de la vie quotidienne de telle sorte que l’on soit capable d’y prendre part d’une manière satisfaisante,
tandis que l’on demeure absolument détaché et essentiellement non-affecté par les circonstances (10). »

Les diverses formes de « Vide » obtenues par concentration, par une discipline du « moi » constituent une sorte de refus à la vie, empreint d’un caractère d’auto-défense et de fuite vis-à-vis des problèmes que pose l’existence. Fuir n’est pas résoudre. La solution véritable de nos problèmes ne peut être trouvée qu’en les affrontant et non en les fuyant.



6°) Manque de discernement :



L’exemple le plus saisissant des contradictions inhérentes au manque de discernement nous est fourni par les théologiens. Tout en admettant que «la déité dépasse infiniment toute image sensible» et que pour la voir « il faudrait qu’elle se montrât elle-même
sans intermédiaire aucun » l’Église se pose non seulement en intermédiaire mais prétend à l’exclusivité d’un tel rôle et impose l’adhésion à des dogmes, croyances, rites constituant la négation absolue des vérités essentielles qu’elle semble parfois admettre d’autre part.


Nous avons vu ailleurs saint Thomas reconnaître que le don d’intelligence « ne nous fait certes pas voir l’essence divine mais nous montre ce qu’elle n’est pas ». Il nous dit ensuite que « nous connaissons Dieu ici-bas d’autant plus parfaitement que nous comprenons qu’il dépasse tout ce que notre esprit peut saisir ». Pourquoi dès lors, non seulement proposer mais imposer aux esprits, dès leur plus tendre enfance, un ensemble de notions et d’attributs paralysant désormais toute possibilité d’une approche quelconque du divin (11).



Lorsque nous posons de telles questions à ceux qui sont rompus au disciplines obscures des théologies, nous trouvons dans leur façon de réagir la réponse à notre enquête. La clarté de l’expérience directe, non-mentale est absente. Elle a cédé la place aux spéculations intellectuelles ; à l’interprétation adroite des textes (12).



L’endroit précis où s’est produite cette coupure entre la réalité vivante elle-même et les représentations de plus en plus erronées qui nous sont rapportées par les théologies actuelles
se situe à la racine même du mental.



Nous retrouvons une fois de plus ici, toute la signification de cette pensée du Zen nous disant qu’ « une différence d’un dixième de pouce » suffit à séparer le Ciel et la Terre. La plus modeste absence d’attention, le moindre manque discernement nous conduisent imperceptiblement sur la pente fatale des fausses valeurs
.

Si nous disons que le «peuple » ne peut accéder aux enseignements abstraits, qu’il lui faut des symboles concrets nous commettons une erreur assez grave.


D’abord, le Zen, n’est pas un « enseignement abstrait » puisqu’il est essentiellement pratique et tend au contraire à nous dépouiller l’esprit de toute abstraction. Ensuite, ce serait reconnaître à notre civilisation actuelle un caractère de dégénérescence inquiétant comparativement à celles qui ont existé entre la mort du Bouddha et l’avènement du Christianisme. L’histoire nous enseigne en effet, qu’à l’époque du Bouddha ainsi qu’à celle d’Ashoka les enseignements dépouillés de la doctrine étaient pleinement assimilés par le peuple.



C’est donc par manque de discernement que les organisateurs de la plupart des grandes religions ont encouragé la paresse mentale de la « masse » en tentant de rabaisser la Vérité à son niveau alors qu’il eût au contraire fallu tout mettre en œuvre pour élever la collectivité à la hauteur des purs enseignements énoncés par les Maîtres.




La force de la position du Ch’an et du Zen réside dans l’absence de spéculations métaphysiques. Le terme « Dieu » est inexistant dans les diverses formes du Bouddhisme. Seul existe le « Mental Cosmique » dont tous les êtres sont parties intégrantes. Cette Réalité se suffit à elle-même. Sa réalisation en nous-même et par nous-même nous délivre de tout manque de discernement

Robert Linssen

Source : http://bouddhanar.blogspot.com
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PostPosted: Fri 13 May - 11:57 (2011)    Post subject: Publicité

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spip



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PostPosted: Fri 13 May - 19:01 (2011)    Post subject: Obstacles spirituels : les inadéquacités Reply with quote

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Neutrino
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PostPosted: Fri 13 May - 21:01 (2011)    Post subject: Obstacles spirituels : les inadéquacités Reply with quote

merci1   Maori pour ce texte très lucide  binette   coeur à la rose

Très bonne analyse sur les religions et la pratique de la méditation zen faisant souvent l'objet d'interprétations et de pratiques erronées.

coeurbleu02 coeurbleu02 coeurbleu02
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PostPosted: Today at 04:35 (2019)    Post subject: Obstacles spirituels : les inadéquacités

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